Regardez l'interview vidéo de Chloë Angé ici

Qui est Chloë Angé ?

Chloë Angé est Chargée de Missions au sein de l'asbl VIA. L’asbl VIA est un BAPA, un Bureau d’Accueil pour Primo-Arrivants. Chloë y coordonne les activités du projet CAMIM pour « Co-créons un meilleur Accueil et une Meilleure Intégration des Migrants à Bruxelles », projet financé dans le cadre de l’appel à projet Co-Creation. De mars 2018 à mars 2021, ce projet de recherche a permis un travail de co-création avec des personnes primo-arrivantes, porté par l'ULB et l'asbl VIA. Les activités de l’asbl VIA se pérennisent et se développent en interne depuis la fin des financements de recherche.
 

CAMIM = une Cellule de Bénévolat + un Module de Confiance en Soi + une Maison d’Immersion

Le projet CAMIM est né de l’idée de co-construire avec des personnes primo-arrivantes des activités complémentaires au parcours d'accueil proposé chez VIA. Dans le cadre de ce projet, trois activités ont été identifiées et développées avec elles :
- une Cellule de Bénévolat, qui permet aux personnes primo-arrivantes de faire du volontariat au sein d’un réseau d’associations bruxelloises partenaires.
- un Module de Confiance en Soi qui propose aux personnes primo-arrivantes un temps pour faire le point sur les ressources qu’ils ont développées tout au long de leur parcours de vie afin de travailler sur leurs projets et leur ancrage en Belgique.
- la Maison d'Immersion qui est un espace de pratique informelle du français autour d'un thé, d'un café et d’une petite animation.  
 

L’innovation sociale au sein du projet CAMIM

Le côté innovant réside dans le fait que les personnes primo-arrivantes ont été centrales dans ce projet mais aussi et surtout actrices et sujets de leur intégration. Les personnes primo-arrivantes sont souvent objets des politiques qui les concernent, pas uniquement en matière d'intégration mais de manière générale en ce qui concerne les politiques qui touchent aux questions migratoires. Avec le projet CAMIM, on a décidé de développer des activités libres de participation qui répondent à leurs besoins individuels, en les considérant comme expertes des questions d'intégration. Les personnes primo-arrivantes savent ce dont elles ont besoin pour trouver leur place ici à Bruxelles. 

Grâce au soutien d’Innoviris...

Le projet CAMIM a rassemblé des chercheurs académiques, des travailleurs sociaux et des personnes primo-arrivantes. Faire de la recherche en co-création nécessite de changer les rôles habituels que jouent chaque acteurs et de fonctionner ensemble en partant du principe que personne ne dispose d’un savoir qui prévaut sur l'autre. Cela nécessite de changer sa posture et de trouver les bons outils qui permettent d'expérimenter les choses autrement. Le soutien d'Innoviris a permis à l’équipe du projet de prendre le temps de trouver ces outils, ces espaces et ces nouveaux moyens de fonctionner.
 

Les idées innovantes foisonnent à Bruxelles

Pour Chloë, Bruxelles est une ville où l’on innove énormément et c’est notamment lié au fait qu'il y a un tissu associatif et une mobilisation citoyenne très fortes. Bruxelles se démarque par la richesse de sa société civile où les collaborations, les synergies et les idées innovantes foisonnent.

 

Le parcours d’un primo-arrivant dès l’arrivée dans les locaux de l’asbl VIA

Avec le projet CAMIM, l’asbl VIA a développé des activités qui sont complémentaires au parcours d'accueil. Sa mission première est donc de proposer le parcours d'accueil (équivalant bruxellois des parcours d’intégration wallons et flamands). 

Chloë explique : « Quand une personne arrive chez VIA, on va d'abord vérifier qu’elle soit éligible pour suivre le parcours d'accueil. Sa situation doit pour cela répondre aux critères d'une personne primo-arrivante : être non-belge ; avoir plus de 18 ans ; être enregistrée au registre des étrangers de l'une des 19 communes bruxelloises; avoir un titre de séjour légal depuis moins de trois ans et pour plus de trois mois. Si la personne est éligible, elle est alors reçue et accompagnée dans sa langue par un accompagnateur social. L’accompagnateur va réaliser un bilan linguistique ainsi qu’un bilan social afin d’assurer un accompagnement socio-professionnel individualisé de la personne (logement, administratif, emploi, situation familiale, …), et de lui proposer une inscription à des cours de français jusqu’au niveau A2 ».

En parallèle du suivi individuel, deux formations sont également proposées dans le cadre du parcours d’accueil. Une première formation de 10h sur les « Droits et Devoirs » en Belgique, et dans un second temps, une formation de 50h appelée « Formation citoyenneté » abordant l'histoire de la Belgique, ses institutions, son système économique,…
 

Dans son job, elle aime…

Je crois que ce que j'aime vraiment c'est comprendre et analyser l’impact des activités qui sont mises en place. Dans le milieu social, on développe beaucoup de projets mais on a peu l'occasion de prendre le temps avec les participants d'en analyser les retombées. Qu'est ce qui se joue dans leurs vies ? Qu'est ce qui se crée et quel est l’impact des activités ? Quels sont les atouts à renforcer ou les processus à modifier ? Pouvoir comprendre ensemble, aller dans le fond des choses, analyser nos pratiques et nos expériences pour en identifier les effets, c’est véritablement ce que je préfère.

Son parcours

Avant le projet CAMIM, Chloë travaillait également sur les questions migratoires mais dans le milieu humanitaire. Elle était plus active sur les questions d'accueil des personnes en transit ou demandeuses d’asile, ce qui lui a ensuite donné envie de travailler sur ce projet. Elle réalise que les enjeux politiques qui se posent en termes d'accueil des personnes en mouvement sont en partie les conséquences des défaillances des politiques d’intégration qui ne se développent réellement que depuis une vingtaine d’années Belgique. Notre capacité ou incapacité à faire société ensemble impacte fortement la gestion de l'accueil et de la mobilité des populations. « Quand j'ai vu que ce projet permettait de travailler sur les questions d'intégration en faisant AVEC les gens, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire en prenant la problématique à sa source et en allant voir ce qu'on pouvait améliorer.»
 

Son mot-clé autour de l’innovation

Sociale, car souvent quand on parle d'innovation, on pense au milieu technologique, médical ou à l'environnement mais on pense rarement au milieu social. C’est pourtant aussi un milieu où on innove et où on peut innover. Ce qui manque cruellement pour cela, ce sont avant tout les moyens financiers. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans le milieu social en termes d'innovation et on n'y pense pas forcément. 

3 conseils aux innovateurs bruxellois :
 

1) Faire confiance aux demandes de son public, c’est ce qui permet de limiter les prises de risques.
2) Se donner le temps pour expérimenter, prendre le temps de passer par toutes les phases nécessaires à la création de son projet, y compris les moments difficiles qui sont riches en apprentissages.
3) Se donner les moyens (financiers et humains) d’y arriver pour ne pas faire les choses à moitié.

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